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Une première expérience avec le jeu Learning Battle Cards

Lors de formation de formateurs au e-learning et tout à distance, ceux-ci nous font régulièrement part de leur souhait de pouvoir se rencontrer dans des séances en face-à-face. Nous nous sommes interrogés sur la pertinence de la mise en place de séquences en présentiel qui apporterait une réelle plus-value à la formation. L’utilisation des Learning Battle Cards (LBC), nous sembles pouvoir participer à répondre à cet objectif en favorisant une dynamique d’échange et de création d’une culture commune.

 

Nous avions aussi comme préoccupation de mieux aider nos clients à formuler leurs besoins et ainsi pouvoir définir ensemble les méthodes pédagogiques à utiliser. Là aussi l’utilisation des LBC, nous a semblé ouvrir les possibilités.  

 

Le tout nouveau jeu en poche, il semblait assez naturel de pouvoir le tester à plusieurs.

 

Nous avons donc constitué un petit groupe informel de 5 personnes, toutes curieuses de découvrir les cartes et les différentes possibilités d’utilisation du jeu. Il nous a semblé important de relater cette expérimentation pour contribuer à une meilleure connaissance des différents scénario d’utilisation du jeu.

Contexte de l'expérimentation

Nos situations professionnelles sont très différentes, toutefois nous sommes tous des acteurs de la formation professionnelle comme activité principale ou secondaire. Certains ne se connaissaient pas encore tandis que d’autres ont déjà travaillé ensemble. Nous avons en commun le souci d’améliorer le développement de nos formations, d’adapter nos méthodes pédagogiques aux besoins émergents et le souci d’enrichir nos pratiques par l’échange.

Nous voilà partis pour 2 h 30 de discussions en suivant plus ou moins les étapes de découverte proposées dans le guide, le temps presse.

Découvertes des cartes

L’ensemble des cartes distribué, nous avons étudié leur anatomie et précisé différents items proposés, comme celui de la granularité qui ne fait pas encore pleinement partie du vocabulaire des formateurs. Il a été aussi difficile de situer l’étape de conception appelé ici “Stratégie”, nous nous sommes référés à la version anglo-saxonne avec “Awareness”. 

 

Bien évidemment, cela a aussi amené à des discussions sur les méthodes pédagogiques présentées et les différentes interprétations que l’on peut en avoir, amenant parfois à faire le parallèle avec des situations professionnelles autres que celles liées à la formation.

 

Nous avons ainsi pu mesurer l'intérêt que pouvait avoir les cartes pour construire une culture commune.

D'une culture commune au cadre de conception

Pour les autres activités, il nous fallait un contexte donné. Une participante nous en a préparé un en amont, directement issu de son expérience professionnelle, des besoins en formation qu’elle avait pu percevoir. Elle s’est glissée dans la peau du client et nous avons tenté de répondre à sa demande de création d’une formation. La question du budget a été assez difficile et nous l’avons laissée un peu de côté pour cet exercice, nous avons juste convenu de ne pas utiliser des moyens trop dispendieux.

 

Nous avons d’emblée opté pour la distribution de l’ensemble des cartes aux participants, représentant les concepteurs-formateurs et notre client. Chacun a effectué un premier tri de en jouant très rapidement à OK / PAS OK, puis nous avons utilisé le cadre de conception et commencé à imaginer un scénario.

Bien que nous nous soyons tous laissés prendre au jeu, ce n’était pas le résultat qui comptait pour nous. Les échanges que cela a suscité entre les participants et notamment les demandes de précisions faites auprès de notre client fictif tout au long du processus ont été très riches.

 

Surprise ! en cours de route il nous est apparu que ce "client" n’envisageait pas des temps de formation à distance, et avait donc éliminé dès le début les méthodes pédagogiques ou les outils s’y référant, contrairement aux participants jouant le rôle de concepteur-formateur qui n’en avaient pas fait un critère, voire même lui semblait une modalité adaptée au contexte (dispersion géographique et manque de disponibilité). Il semblait à notre client plus facile d’organiser la formation sur des journées en présentiel programmées bien en amont, dans un souci de pouvoir rémunérer le temps de formation comme un temps de travail bien identifié et de s’assurer de la disponibilité de ses collaborateurs. Cela ne lui semblait pas possible avec une gestion des temps de formation beaucoup plus souple dans des modalités à distance. Les pros du e-learning ont encore beaucoup à expliquer pour accompagner un changement de pratique.

 

Pas facile non plus d’expliquer le modèle de Kirkpatrick sur le vif, de se mettre d’accord sur la différence entre les cartes SV (survey) et PL (poll) toutes deux traduites par sondage.

 

Le cadre de conception lui-même a permis de réinterroger les différentes phases de conception, de les identifier pleinement. Pour ma part je suis persuadée que cela a permis une plus grande richesse de propositions dans certaines fenêtres.

Notre questionnement

Bien sûr, si nous devions faire une réelle proposition, il y aurait encore beaucoup à discuter, trier, préciser, éliminer, organiser les cartes dans notre cadre de conception. Mais le temps nous manque et cela nous interroge sur l’utilisation du LBC. En effet si nous sommes tous très satisfaits des échanges qu’a initié cette animation, les 2 h 30 ne nous ont pas suffi pour obtenir un résultat plus concret si nous étions en situation réelle. Est-ce qu’un client a réellement 2 h 30 ou plus de disponibilité à consacrer à ce type de réunion lorsqu’il demande une formation ? J’ai quelques doutes.

 

Comment être plus efficace et aller à l’essentiel, tracer les grandes lignes de l’orientation pédagogique ? Parce qu’il sera toujours possible plus tard d’enrichir les activités si on a défini les approches. Peut-être faut-il éliminer des cartes en amont au risque de se priver de méthodes et de riches échanges ? Si oui sur quels critères ?

 

Aussi comment gérer les différences de culture liée à la formation entre les participants ? Celles-ci font partie de la richesse d’un groupe, mais il me semble qu’un temps de mise en commun est nécessaire.

Nous avons donc encore beaucoup à découvrir, à échanger, chacun à son rythme en fonction de ses besoins et de ses disponibilités !


Je remercie vivement mes 4 compères qui ont bien voulu se laisser prêter à cette expérience, ravie d’avoir pu partager et ce n’est qu’une première...

 

Caroline Diaz


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Commentaires: 2
  • #1

    Isabelle (jeudi, 17 janvier 2019 08:22)

    Merci Caroline pour ce partage tout en nuance.

  • #2

    Diaz caroline (jeudi, 17 janvier 2019 12:29)

    Merci Isabelle, nous allons essayer de constituer une communauté pour ce type de partage d'expérience et pour faire émerger les besoins en outil comme le Learning Battle Cards.
    Seriez-vous intéressée ?